Rendez-vous à l’Almacen, cette magnifique bâtisse du 19ème siècle, qui rien qu’à elle seule vaut le détour. Ce lieu mythique d’une effervescence artistique avant gardiste, fut conçu par César Manrique pour développer la culture contemporaine sous ses multiples facettes. Symboliquement, quel autre lieu aurait pu mieux convenir pour démarrer cette expérience nouvelle, sensorielle et artistique?

Notre petit groupe chemine devant les tableaux impressionnants de la série Doble o nada, puis sourit devant les autoportraits plein de dérision et d’humour de la série Petite Pharce de Carlos Matallana. Quel plaisir d’écouter chacun évoquer son ressenti face aux tableaux, les libres associations auxquelles chacun se laisse aller, qui s’enrichissent mutuellement. Et par le truchement de ces échanges, des liens commencent à se nouer au sein du groupe, l’art servant également de médiateur entre chacun d’entre nous.

Le temps encore de s’imprégner de la si belle lumière onirique des paysages de Geofanias, et PaseArte nous emmène à l’intérieur d’Arrecife, là où sûrement jamais ne s’aventurent les touristes, jusqu’à l’atelier d’Eduardo Manrique. Nous sommes accueillis avec gentillesse et simplicité par l’artiste qui nous fait partager son œuvre, ses influences. Il nous laisse découvrir ses intéressantes maquettes, ses statues au bel équilibre géométrique, ou encore ses collages, un univers de lignes, de formes géométriques, aux couleurs primaires, combinant éléments architecturaux et systèmes de dessins réels ou imaginaires.

Quel privilège que de pouvoir être reçu dans l’intimité de son atelier, exceptionnellement ouvert pour nous et se laisser conter le processus créatif de cet artiste attachant et touchant.

Puis vient le moment de laisser dernière nous les rues de la capitale pour nous diriger vers le nord de l’île. Changement de décor, les volcans défilent devant les fenêtres de la voiture, le paysage se charge de centaines de cactus, nous arrivons à Mala. Dans sa jolie maison convertie en galerie d’art, ARTEnmala, Luz  Ramirez nous accueille pour nous faire découvrir l’œuvre de José Suarez, jeune artiste de Lanzarote. Nous admirons ses très belles œuvres, acryliques sur bois recyclé, aux couleurs vives dépeignant des scènes joyeuses de la vie quotidienne.

Après avoir rempli notre âme de couleurs, de formes, de lumière, vient le moment de réveiller nos papilles et de s’imprégner d’une autre forme d’art, l’art culinaire. Nous voilà dans le magnifique espace de la Tegala à Macher, pour rencontrer le chef David Pérez. Les plats se succèdent, véritable plaisir de tous les sens, alliant couleurs, saveurs, parfums subtils, ponctués par les explications passionnées du chef.

Puis, la journée s’achève comme elle a commencé dans les sourires et les échanges chaleureux, et nous reprenons chacun notre route, plus riches de tous ces échanges, de ces stimulations sensorielles, chargés d’énergie positive, avec un sentiment de liberté et des envies de création.

 

Qu’est-ce qui mieux que l’art peut nous remplir ainsi d’humanité, de lumière, de questionnements sur nous-mêmes et notre monde, nous connecter aux autres d’une manière si immédiate ?

Pendant cette journée, Lanzarote s’est donnée à voir d’une manière nouvelle, loin des sentiers battus du tourisme de masse, au travers du regard de ces enfants du pays, au travers de ses saveurs, et nous, nous nous sommes construit des souvenirs inoubliables.

 

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